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Comment définir l'anthroposophie ?

Les éditions Beer ont réédité un ouvrage du médecin suisse Ignaz Troxler. Anthroposophe avant Steiner, Troxler offre des éléments essentiels pour comprendre les concepts fondamentaux de l'anthroposophie.

par Louis Defèche

31 décembre 2023 · 12 mn de lecture

Ignaz Paul Vital Troxler par Fr. Buser. Gravure de J. Siebert, vers 1850. Bibliothèque nationale d'Autriche, Public Domain Mark 1.0.

Définir l'anthroposophie n'est pas facile. Dans ce domaine de recherche, Ignaz Troxler (1780-1866) peut être considéré comme une figure clé. Ce médecin et philosophe suisse peut à juste titre être qualifié d'anthroposophe, car il s'est attaché à formuler la pertinence et les bases d'une démarche anthroposophique. Rudolf Steiner est généralement décrit comme le fondateur de l'anthroposophie, mais la figure historique de Troxler, qui vécut avant Steiner, remet en question cette affirmation. Revenir aux origines de l'anthroposophie demande de ne pas oublier Troxler et son œuvre. Rudolf Steiner a lui-même régulièrement mentionné Troxler et a regretté que son nom soit tombé dans l'oubli. Il soulignait en 1916 que la présence de l'anthroposophie sur le sol suisse n'était pas une nouveauté, mais qu'elle y était déjà présente avant que le Goetheanum ne s'y installe. Elle se trouvait précisément chez le médecin et philosophe suisse Ignaz Troxler, qui sut formuler, pour reprendre les mots de Steiner : « une belle et admirable définition de l'anthroposophie »1.

Une anthroposophie originelle

Les origines de l'anthroposophie nous renvoient bien sûr d'abord aux artistes et penseurs de l'époque de Goethe, à la Naturphilosophie et aux idéalistes allemands. Le mot « anthroposophie » n'apparaît cependant ni chez Goethe, ni chez Novalis, Schiller, Hegel ou Fichte et seulement de façon marginale chez Schelling. Le terme se répandra plus tard chez différents penseurs du 19e siècle, mais c'est dans l'œuvre d'Ignaz Troxler que l'idée et le mot « anthroposophie » prennent réellement corps. Troxler fut l'élève de Hegel et de Schelling et se lia même d'amitié avec ce dernier. Il eut l'occasion de s'imprégner de tous les fruits de l'époque de Goethe et en conçut une synthèse qu'il nomma « anthroposophie ».

Le recueil réédité par Frieder Sprich aux éditions Beer contient les nombreux aphorismes d'Ignaz Troxler déjà rassemblés et classés par Willi Aeppli pour l'édition de 1958 (Freies Geistesleben). Leur ordre a été quelque peu modifié et de nombreux commentaires ont été ajoutés aux fragments.

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