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Mémoire du monde et mémoire de l’eau

Marc Henry est chimiste, enseignant-chercheur à l’Université de Strasbourg, et travaille sur la « chimie des systèmes complexes ». Il étudie les phénomènes d'auto-organisation de la matière. Nous avons voulu le rencontrer pour parler du lien entre l'homéopathie et ses recherches.

par Marc Henry et Louis Defèche

7 septembre 2019 · 16 mn de lecture

Photo by J K

Louis Defèche : Vous travaillez sur l’auto-organisation de la matière, pouvez-vous nous expliquer ce que ça signifie ?

Marc Henry : Il faut d’abord savoir qu’un système n’est jamais isolé de son environnement : il y a toujours un flux d’énergie qui le traverse. Quand je parle d’énergie, je parle de joules, c’est à dire d’une énergie mesurable. Par exemple, le vortex est une structure-type d’auto-organisation. Il apparaît quand un flux énergétique risque de casser la structure d’un système. Pour éviter le dislocation du système, toutes les parties se mettent à coopérer d’après une forme universelle qu’on appelle le « vortex ». Le tourbillon est là pour évacuer cette énergie et garder les parties intactes. On peut bien comprendre pourquoi Rudolf Steiner aimait les vortex : c’est l’exemple type d’auto-organisation.

Pour la plupart des scientifiques, c’est le « hasard » qui, sur de grandes échelles de temps, crée les formes et les structures. Mais en 1930, il y a eu une révolution scientifique avec la naissance de la « physique quantique ». Toute la physique du 19e siècle séparait le sujet et l’objet. La mécanique quantique nous apprend qu’on ne peut pas être à l’extérieur du système. Elle nous apprend que : « je suis le système ». À partir du moment où l’on ne peut pas faire de séparation nette entre l’observateur et le système, on doit mettre en place un formalisme mathématique qui prenne en compte cette contrainte. Les pères fondateurs sont tous arrivés à la même conclusion : il y a une chose qui est irréductible à la mesure, c’est la conscience. Si l’on ne fait pas de mesure, l’univers n’existe pas. C’est parce que vous interagissez avec l’univers en faisant des mesures – ou en étant simplement là – que les choses existent. Si vous n’observez pas, toutes les possibilités restent ouvertes. Il n’y a plus de déterminisme. Dès qu’on l’observe, le monde prend des formes. 

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