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Cultiver le silence : La méditation

Certaines personnes capables de bien se concentrer éprouvent tout de même des difficultés à faire silence et à se plonger dans un contenu choisi. L’auteur, psychologue et pédagogue, décrit ici les bases, à la fois orientales et anthroposophiques, de la méditation : le silence et l’écoute.

par Johannes W. Schneider

11 août 2021 · 16 mn de lecture

Photo by Kari Shea / Unsplash

Une jeune femme s’adresse à un psychologue pour lui demander conseil sur ses problèmes de vie. Elle s’est bien préparée pour l’entretien et a bien réfléchi à ce qu’elle veut dire et à la manière dont elle veut le dire. Elle peut ainsi parler avec aisance et elle est heureuse que le psychologue l’écoute sans l’interrompre. Enfin quelqu’un qui vous laisse terminer ! Elle remarque alors que son interlocuteur non seulement écoute attentivement ce qu’elle dit, mais qu’il l’écoute elle, la personne qui parle. La jeune femme sent qu’elle est perçue. Et maintenant elle met son concept de côté et commence à s’exprimer, non pas ce que son intellect dit, mais ce que son cœur dit. Sans préparation et sans recul par rapport aux paroles. Ses propos deviennent denses et essentiels. Elle raconte ce qu’elle savait en réalité déjà – mais qu’elle ne savait pas qu’elle savait. Une fois qu’elle a terminé et que le psychologue réfléchit à la manière d’entamer la conversation, elle déclare spontanément : « Merci pour la conversation, je me sens mieux », elle retire son manteau du porte-manteau et dit au revoir avec une poignée de main chaleureuse.

Que s’est-il passé ? La femme a d’abord dit ce qui la préoccupait chez elle, ce qu’elle avait bien réfléchi. Cela appartient à son passé et non à la réalité présente dans laquelle elle est assise en face d’une autre personne. La séance de conseil prend un tournant décisif lorsque la femme remarque que le psychologue non seulement perçoit ses paroles et les prend au sérieux, mais qu’il les laisse se stabiliser en lui-même, dirigeant ainsi l’attention sur la personne qui parle. Il ne s’agit pas seulement des problèmes de la vie, ni de quelque chose en particulier, mais de quelqu’un.

Au moment où nous devenons immédiats les uns avec les autres, au moment où les pensées d’hier ne se mettent plus en travers, alors commence le silence entre nous. Il germe, il se déploie, il forme un nouveau monde qui nous accueille. Lorsqu’on se tait, ce n’est pas encore le silence. Cette réalité est plus élevée et plus forte que celle que l’une ou l’autre personne pourrait créer. Elle présuppose la bonne volonté de toutes les parties concernées, puis elle s’abaisse d’un ordre supérieur jusqu’à la relation entre les personnes. Le silence est une grâce, comme la paix.

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