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Jacques Lusseyran et l’économie de la lumière

Jacques Lusseyran, malgré sa cécité, témoigne d'une expérience unique de la lumière, révélant sa dimension intérieure. Il nous invite à réfléchir sur sa véritable nature et sur l’importance d'une « économie de la lumière », un enjeu pour l'avenir de l’humanité.

par Raymond Burlotte

22 décembre 2024 · 11 mn de lecture

Image : Sean Sinclair

« À l’instant où j’ai perdu la vue, j’ai retrouvé la lumière intacte au fond de moi. Je n’ai pas eu à me rappeler ce qu’elle était pour mes yeux […], elle était là, dans mon esprit et dans mon corps. Elle y était inscrite dans sa totalité. La lumière était là, accompagnée de toutes les formes visibles, couleurs, lignes, douée de ce pouvoir qu’elle a dans le monde des yeux, celui de grandir et de décroître, de se déplacer. […] J’insiste : toute chose qui venait à ma rencontre était aussitôt vue et non touchée et entendue ; elle se dessinait, prenait forme et couleur sur un écran interne. Et cela sans que je ne fisse rien pour déclencher le phénomène. Au reste, comment aurais-je fait quoi que ce soit, moi qui n’avais encore que huit ans ? » 

Lorsque Jacques Lusseyran perdit brutalement ses yeux lors d’un accident, la lumière ne lui fut pas retirée, elle continua de l’éclairer. « Cette lumière que je continuais de voir sans mes yeux, c’était la même qu’autrefois. Mais ma position par rapport à elle avait changé : j’étais plus proche de sa source. »

Ce témoignage étonnant peut nous amener à changer notre relation à la lumière. La science d’aujourd’hui a pris le parti, depuis Isaac Newton, d’étudier la lumière en dehors de l’homme, comme un phénomène qui se déroule dans l’espace et le temps de façon mécaniste. Ce faisant, elle ne prend pas en compte le fait qu’à l’intérieur de l’homme, la lumière est aussi une expérience de la conscience. « Un obscur pressentiment », « tout est clair », « faire la lumière »…, autant d’expressions qui indiquent un rapport étroit entre lumière et connaissance. Penser, comprendre, cela a affaire avec la clarté de l’âme.

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