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Une pédagogie post-matérialiste

Malgré de bons résultats attestés, la pédagogie Waldorf est souvent regardée de travers, car elle pose la question de l'image de l'être humain. Mais il faut le reconnaître : la question pédagogique pose toujours la question de l'être humain.

par Clément Defèche

1 juin 2019 · 15 mn de lecture

Sculptures : Ineke Van den Bosch, Contemporains, 2010.

Est-il possible de résoudre ce paradoxe de la pédagogie de Steiner : la création d’une pratique fructueuse sur la base d’une théorie douteuse ? Cette interrogation d’Heiner Ullrich1., spécialiste allemand des sciences de l’éducation, résume bien la position ambivalente de cette pédagogie.

Cent ans après la création de la première école à Stuttgart, de nombreuses études universitaires ont démontré les multiples aspects positifs de la pédagogie initiée par Rudolf Steiner. Mais si celle-ci fait désormais partie intégrante du paysage culturel dans plusieurs pays, la démarche de connaissance dont elle est issue, l’anthroposophie, demeure souvent méprisée ou dénigrée. Pseudoscience, charlatanisme, fantasmagories, mysticisme nébuleux, pensée sectaire, obscurantisme, anti-modernisme, etc. Ce genre de qualificatifs foisonnent dans le discours des détracteurs de Rudolf Steiner, en particulier en France.

Néanmoins un problème se pose : si la pensée dominante semble triomphante pour mettre l’anthroposophie aux oubliettes de l’histoire de la pensée humaine, comment expliquer que malgré la réputation douteuse de leurs racines, les pratiques concrètes inspirées par cette anthroposophie – la pédagogie Waldorf, l’agriculture biodynamique, la médecine anthroposophique, la finance éthique, etc. – rencontrent de fait un succès grandissant ?

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