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Toutes les crises sont des crises de conscience

Dans une période comme celle de la crise du coronavirus, il est bon de prendre de temps en temps du recul par rapport aux événements immédiats. Entretien avec le philosophe Harald Schwaetzer pour approfondir certains aspects.

par Harald Schwaetzer

19 mai 2020 · 10 mn de lecture

La menace d’une maladie virale jusqu’alors inconnue, qui se transmet très rapidement et parfois sans symptômes, a quelque chose d’imprévisible. Les scientifiques et les autorités médicales fournissent des informations aux responsables politiques et au public – les médias s’efforcent de tout expliquer en détail. L’épidémie fait ainsi l’objet d’une interprétation d’une part, par les experts et d’autre part, par les journalistes – comment se forger un jugement ?

Prof. Schwaetzer : Il est certain que la difficulté est de savoir comment parvenir à un jugement valable objectif, mais il n’est pas facile d’avoir une vision exacte des faits et des circonstances. Ce qui me semble vraiment significatif et symptomatique pour notre époque, ce sont les tendances en matière de journalisme : parfois, des jugements sont diffusés avec une forte charge émotionnelle ; parfois, la répétition constante d’un point de vue particulier donne l’impression que quelque chose nous est imposé et, finalement, que nous sommes confrontés à de graves atteintes aux droits fondamentaux liées à des mesures massives. Qui plus est, la gestion de la maladie et les questions politiques semblent imbriquées d’une manière difficile à démêler.

Où sont les points d’appuis dans cet enchevêtrement de faits et d’interprétations ?

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