Émergence à partir du Toi – Système immunitaire et personnalité
Comment se construit la personnalité ? Comme le système immunitaire ! C'est la thèse du pédiatre anthroposophe Georg Soldner qui déchiffre le développement de l'être humain par une observation phénoménologique.

15 mars 2024 · 12 mn de lecture

Lorsque nous regardons un nouveau-né, nous rencontrons déjà une personnalité. Mais cette personnalité n'est pas isolée. Comme l'a souligné le philosophe Hegel, nous ne nous développons pas seuls, beaucoup ce qui nous façonne est lié à notre environnement social, à notre destin. La personnalité grandit d'emblée dans une constellation d'autres personnalités et de circonstances très diverses. Peu de gens savent que le développement de la personnalité est intimement lié au développement du système immunitaire. Tous deux ne commencent pas à notre naissance. Pour les comprendre, il faut remonter plus loin : à la période de la grossesse.
Développement prénatal
La grossesse est une période pendant laquelle nous façonnons ou élaborons notre corporalité. Nous ne sommes pas seuls. En tant qu'enfants à naître, nous absorbons les joies, la voix, le chant de la mère, ainsi que toute peur, tout stress dépassant un certain niveau. Lorsque nous regardons le fœtus, nous voyons un corps en devenir. Avec ses tout petits membres, il nage dans le liquide amniotique. Nous voyons son lien avec le corps maternel par les enveloppes extérieures qui l’entourent. L'enveloppe la plus externe, le chorion, se différencie en un organe intimement lié à la mère : le placenta. C'est l'organe le plus important pour l'enfant. C'est à partir de lui qu’il commence à construire son corps, presque entièrement « tête » au début de son développement, et qu'il déploie son puissant système nerveux. Le placenta n'a pas de système nerveux, pas de squelette : tout le sang de l'enfant le traverse en une minute – il dirige pourtant les processus de construction de l'embryon de manière décisive. Sa première fonction est la régulation thermique de l'enfant ; régulation la plus importante du vivant. C’est lui qui régule la chaleur de l'enfant, maintenue à un demi-degré au-dessus de celle de la mère. Il joue le rôle d’un cœur périphérique et constitue l'« organe central périphérique » de cet enfant à naître, comme le soleil pour la vie sur Terre. Le placenta est viable même sans l'embryon ; il est directement lié à la mère. Ce n'est qu'après la naissance que notre cerveau prend en charge sa propre thermorégulation. Quel est le rapport avec le système immunitaire ?
Nous savons que les performances de notre système immunitaire dépendent de la chaleur et qu’il fonctionne de manière optimale à 39 degrés de fièvre. En cas d'infection, les animaux poïkilothermes, dont la chaleur dépend de l’environnement, recherchent des endroits plus chauds pour augmenter leurs chances de survie. Le placenta protège naturellement l'enfant, mais le relie en même temps intimement à sa mère. C’est un organe frontière entre l'enfant et sa mère, il constitue une protection grâce à laquelle l'enfant ne subit pas tout ce que vit sa mère, mais qui peut aussi être dépassée en cas de stress important.
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