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Exploration du féminin : Accueillir l'inconnu en son sein

Trois femmes s'entretiennent sur les qualités du féminin et leur portée actuelle, révélant en chemin celles du masculin. Dans leur échange, deux entités émergent et se révèlent intimement liées au sein du genre humain.

par Gilda Bartel, Laura Liska et Joan Sleigh

8 août 2025 · 15 mn de lecture

Sibylle Reichel, Lueur dans les yeux, extrait de la série « Atmosphères / Conversations idiolèctiques », 2012.

Gilda Bartel : Dans ton expérience au sein de groupes et de projets sociaux, quelle qualité volontairement associée au féminin te semble particulièrement précieuse et recherchée aujourd’hui ?

Joan Sleigh : Selon mon expérience, une qualité féminine contribue à instaurer une atmosphère favorable à ce que nous cherchons à accomplir, à ce qui doit être abordé dans cette conversation, à ce qui est en quête ou en devenir. J’agis ainsi simplement parce que je ne peux faire autrement. Le féminin m’habite ; je le porte en moi, il fait partie de mon être. Je l’incarne. Dans mon travail avec les personnes et les groupes, cela se traduit par une attention constante à la situation dans sa globalité : je perçois les détails, l’ambiance, l’espace qui se tisse. J’ai le souci d’inclure chacun et de veiller à ce que personne ne soit mis à l’écart. Lorsque je préside une réunion, je demande toujours à l’un(e) ou l’autre de mes collègues de m’aider à m’assurer que rien d’essentiel n’a été oublié. Pour moi, ces dispositions sont profondément liées au féminin. Une autre qualité que j’associe au féminin est la capacité à s’effacer pour laisser un processus suivre son cours, même s’il prend une forme différente de celle que j’aurais choisie. Il s’agit d’entrer dans le mouvement de l’autre sans intervenir, d’en faire partie sans s’en extraire, mais sans non plus en devenir le centre. C’est quelque chose de relativement nouveau pour moi : maintenir un espace qui n’est pas le mien, tout en l’habitant et en accompagnant silencieusement le cheminement de l’autre. 

Laura Liska : Selon toi, pourquoi considérons-nous ces caractéristiques comme « féminines » ?

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