PREMIUM

L’assassinat de Raspoutine et les desseins cachés de l’Occident

Dans la nuit du 29 au 30 décembre 1916 (1), le fameux guérisseur et mystique Raspoutine était assassiné à Saint-Pétersbourg. Pendant longtemps, ce qui s’est déroulé durant cette nuit fatidique a été l’objet de fantasmes et de légendes, propagés d’ailleurs en partie par les conspirateurs eux-mêmes.

par Martin Bernard

31 janvier 2019 · 20 mn de lecture

Raspoutine vers 1869-1916

Contrairement à ce qui a été longtemps raconté, il apparaît que les services secrets britanniques de l’époque ont joué un rôle central dans la planification du meurtre de Raspoutine. Et, selon toute probabilité, également dans son exécution. Derrière cet assassinat se révèlent aussi les ambitions occultes plus vastes de certains cercles de pouvoir anglo-américains, dont l’ambition est d’empêcher la naissance de liens spirituels fructueux entre l’Allemagne et la Russie.

Grigori Efimovitch Raspoutine naît entre 1860 et 1870 dans une famille de paysans du village de Pokrovskoïe, en Sibérie occidentale. Durant son adolescence, il est sujet à des visions mystiques dans lesquelles il dit apercevoir la vierge Marie. Il se plonge alors dans la Bible, développe ses talents de guérisseur et de voyant, puis commence une vie ascétique d’errance qui le conduit jusqu’aux monastères orthodoxes du Mont Athos, en Grèce. En 1911, Raspoutine racontera ses années de jeunesse dans une interview accordée au journal Temps nouveau : « À l’âge de quinze ans, dans mon village natal, quand le soleil brûlait et que les oiseaux chantaient les chansons du paradis, je rêvais de Dieu. Mon âme se projetait au loin… Plus d’une fois j’ai rêvé… et pleuré, sans savoir d’où venaient ces larmes. Ainsi passa ma jeunesse. Dans une sorte de contemplation, dans une sorte de rêve. Plus tard, quand la vie me heurtait, je courais me réfugier dans un coin pour prier en secret ».

Guérisseur controversé

En 1905, il se rend à Saint-Pétersbourg. Son but aurait été d’y rencontrer le tsar, trop occidentalisé à son goût, pour l’initier à la véritable «âme russe» 2. Il est rapidement introduit dans les salons de la grande-duchesse Militsa de Monténégro et de sa sœur Anastasia, toutes deux versées dans les sciences occultes et le spiritisme. C’est dans la luxueuse demeure du grand-duc Piotr, oncle du tsar et mari de Militsa, que Raspoutine rencontre pour la première fois le couple impérial, le 31 octobre 1905. Plus tard, il sera appelé au chevet du tsarévitch Alexis, héritier du trône, alité suite à une chute, et qui souffrait sans doute d’une forme rare d’hémophilie. Il lui impose les mains, le calme, et parvient au bout de quelques jours à faire cesser les saignements. Cet exploit, quoi qu’on puisse en penser aujourd’hui3, permet à Raspoutine de gagner rapidement les faveurs du tsar Nicolas II et de l’impératrice Alexandra Fedorovna.  

Cet article est réservé aux abonnés PREMIUM

Inscrivez-vous et abonnez-vous pour lire cet article et accéder à la bibliothèque complète des articles réservés aux abonnés PREMIUM.

S’inscrire maintenant

Vous avez déjà un compte ? Se connecter

Vous aimerez aussi