Vers une science héliocentrique
Plus une prairie est diversifiée, plus son identité est stable. Qu’en est-il de l’être humain ? Quelle place pour la diversité ? Une approche goethéenne éclaire ces questions. Aperçus du congrès « Evolving Science 2024 ».

27 juin 2025 · 14 mn de lecture

L’air froid est vivifiant et empli du merveilleux parfum des feuilles de chêne qui crissent sous les pieds. Je monte la colline vers le Goetheanum. Sous un ciel bleu resplendissant, le vert est en train de passer aux tons or et rouille. L’automne est là et avec lui, la rencontre de la Section des sciences naturelles !
Dans la menuiserie, il fait plus chaud. Tous les amis rient et se prennent dans les bras, des nouveaux venus sont présentés avec le sourire. Plus de 100 personnes sont rassemblées là, venues du monde entier, des scientifiques et également quelques non-scientifiques. « Je suis venue, parce que je veux mieux comprendre notre monde », dit une femme. Il faut tout l’enthousiasme de l’un de nos responsables de section pour ramener enfin le calme parmi nous. « Je suis Vesna, avec le nom de famille imprononçable », dit-elle en riant. Vesna Forštnerič Lesjak et Matthias Rang nous saluent comme une grande famille, plutôt heureuse. Nous sommes venus au congrès Science en évolution 2024 pour explorer le thème suivant : « La diversité renforce l’identité ». D’une manière véritablement goethéenne, nous serons amenés à regarder à travers plusieurs lunettes : scientifiques, artistiques, et sociales.
La descente dans la séparation
Nous travaillons sur une Lettre aux Membres qui date du 12 octobre 1924, dans laquelle Rudolf Steiner décrit le développement du penser humain comme une descente : en partant d’une époque où les pensées étaient vécues comme des entités spirituelles que nous ressentions comme quelque chose de donné, et en allant jusqu’au temps présent, où elles sont devenues « mes » pensées, mes créations. Ce chemin jusqu’à la complète séparation d’avec les êtres des pensées de l’univers était nécessaire, d’après Steiner, pour que nous puissions développer la liberté. Mais cela nous a isolés de la nature. Cette séparation est ressentie de différentes manières par les êtres humains. Elle se manifeste comme un désir nostalgique tourné vers quelque chose qui nous manque.
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